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Bien-être des animaux et IA

Urban & Public AI

SEPT. 2022

Le nombre croissant de transactions en ligne d'animaux de compagnie, en particulier de chiens et de chats, pose à la ville de Bruxelles un défi complexe : réprimer les annonces de vente illégale d'animaux, l'utilisation abusive de licences commerciales pour animaux et d'autres activités illégales.

Selon Four Paws International (une organisation mondiale de protection des animaux), le commerce européen en ligne de chiots représente près de 1,5 milliard d’euros par an et près de 2,4 millions de chiens sont échangés chaque année sur les principaux sites européens de petites annonces pour chiens. Ce chiffre a été considéré comme étant en forte augmentation, notamment pendant la pandémie.

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Le projet pilote de protection des animaux du FARI vise à participer à la résolution de ces problèmes en utilisant la technologie et l’intelligence artificielle pour aider les humains à suivre et à contrôler ces activités illégales.

Le projet repose sur une conception d’algorithmes et de logiciels permettant de détecter automatiquement les annonces de vente d’animaux en ligne sur différents sites web. Sur la base de la législation sur le bien-être des animaux, la technologie permet de déterminer en quelques secondes si l’annonce est conforme ou non aux règles, ce qui permet de repérer les annonces illégales avant la vente d’animaux.

Cependant, l’identification de ces activités illégales peut ne pas être aussi simple que cela, car il existe de nombreuses activités en ligne délicates qui rendent le processus de détection très difficile. Ces comportements délicats de vente d’animaux peuvent se manifester par l’utilisation de faux numéros de licence ou par l’utilisation abusive d’un numéro de licence. Par exemple, plusieurs utilisateurs ont tendance à utiliser un seul numéro de licence ou utilisent des licences qui ne leur appartiennent pas. Un comportement encore plus délicat est celui des personnes qui affichent des publicités pour des produits ménagers alors qu’elles vendent en réalité des animaux. Étant donné le grand nombre d’annonces de vente d’animaux en ligne chaque jour, la plupart d’entre elles ne durent que quelques jours, ce qui rend presque impossible pour les autorités de prendre des mesures contre ces activités sans l’aide de la technologie. Par conséquent, ce projet pilote sur le bien-être animal vise également à générer des données et des statistiques dont l’administration publique bruxelloise ne dispose pas encore, et notamment à identifier les utilisations inhabituelles des mêmes numéros de licence ou les numéros de licence non enregistrés.

Le projet est actuellement en phase de test et vise les catégories de tous les animaux. À ce jour, le logiciel actuel peut détecter en quelques secondes environ 200 annonces par jour provenant de plusieurs sites web. La prochaine étape consiste à étendre et à convertir cet outil et ces lignes de code en quelque chose qui peut être exécuté tous les jours et qui est utile pour l’administration publique.

Le bien-être animal est une question sociale importante qui nécessite une attention particulière et une collaboration entre l’administration bruxelloise et les chercheurs techniques. La dernière annonce d’une nouvelle législation sur le bien-être animal par le Parlement bruxellois en novembre 2018 a modifié la catégorisation des animaux, passant d’un objet à “un être vivant doué de sensibilité, d’intérêts propres et de dignité, qui bénéficie d’une protection particulière”. D’autres actions, dont ce projet pilote, sont nécessaires pour garantir l’efficacité de la législation à la fois pour réglementer le commerce des animaux et pour protéger le bien-être animal à Bruxelles.

Contributeurs

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Lluc Bono

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